Molt

MOLT, 2026 - [...]
The act of shedding an old skin, leaving the body somewhere between what it was and what it is becoming.

Série en cours

Mon corps a toujours été comme un vaisseau. Selon les jours, il est tantôt un joli bolide à la carlingue bien lustrée, tantôt un vieux tacot de campagne, à l’odeur de cuir tanné par l’épiderme en sueur et les relents métalliques de rétroviseurs brisés puis recollés au scotch. Je l’ai toujours considéré comme solide, -petit, certes - mais fiable. En gros, s’il devait être une voiture, mon corps serait sûrement une Twingo. Un véhicule aux proportions confortables, toutefois étonnantes, à sa forme un peu cubique, un peu ronde, dans lequel on peut ranger pleins de choses et en même temps pas tellement.

Il y a trois ans, ma peau a été trouée et depuis, le dehors et l’extérieur semblent avoir pénétré son habitacle pourtant hermétique.

Le problème des brèches, c’est que lorsqu’elles s’ouvrent, il est très difficile de les refermer. Elles ont beau cicatriser, on sait qu’avec les traces qu’elles laissent, il y a un avant, et un après. La dualité est passée, elle a coupé la trajectoire de l’existence et l’a marquée au passage.

Le mot cicatrice englobe quatre phases distinctes, de la plaie fraîche jusqu’au derme enfin remodelé. Je crois que mes images se trouvent entre ces phases, au milieu de chapitres qui ne cessent de s’entrecroiser, comme une narration entre flashback et flash forward. Elles ne cessent de rechercher un équilibre dans ce corps après impact.

La recherche de cette nouvelle enveloppe trouverait-elle son salut dans la rature, dans la mue d’une vie à une autre ?